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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 18:17


Mise en ligne : 28/05/2009

Le 2e classe Jean-Louis Lasplacettes (18e RI de Pau) avait 30 ans quand il a été fusillé à Maizy (Aisne), le 12 juin 1917. Cultivateur, originaire du village d’Aydius dans la vallée pyrénéenne d’Aspe, il combattait depuis l’entrée en guerre.
Célibataire, soutien de famille, il fut condamné à la peine capitale  pour sa participation à une révolte de soldats, survenue quelques jours plus tôt, à l’arrière du front dans le village de Villers-sur-Fère. Casimir Canel et Alphonse Didier furent exécutés à ses côtés tandis que, la veille, le caporal Vincent Moulia, également promis au poteau, parvenait à échapper à la vigilance de ses gardiens. Fidèle Cordonnier fut le seul à obtenir la grâce, parmi les cinq condamnés à mort du 18e RI, régiment qui avait manifesté son refus de remonter en ligne, après avoir été décimé dans des combats très durs, début mai, à Craonne.  « Excellent soldat depuis le début de la campagne, toujours volontaire pour des missions périlleuses », selon ses états de service, Lasplacettes avait été distingué quelques semaines auparavant pour avoir, sur le Chemin des Dames « le 16 avril, faisant partie d’une patrouille, fait dix-sept soldats et un officier prisonniers ».
A l’initiative de sa petite-nièce, Martine Lacout-Loustalet et de la municipalité d’Aydius, son nom est désormais officiellement inscrit sur le monument aux morts communal. Le dimanche 17 mai 2009, une plaque commémorative complétée a été dévoilée lors d’une cérémonie de reconnaissance à laquelle participait, notamment, Philippe Jamet, sous-préfet de l’arrondissement d’Oloron Sainte-Marie. Vêtu de son uniforme, le représentant de l’Etat est intervenu publiquement pour souligner que, s’il ne s’agissait pas d’une réhabilitation au sens juridique du terme, cette cérémonie avait valeur de réhabilitation morale. Devant une centaine d’officiels, d’habitants d’Aydius et de la vallée  d’Aspe, à la suite de la petite-nièce de Lasplacettes, le maire de la commune, Bernard Bourguinat, a rendu hommage à l’enfant du pays. Le Conseil général de l’Aisne, invité, était représenté par Jean-Luc Lanouilh, vice-président en charge de la Culture et Noël Genteur, conseiller général du canton de Craonne.  

En 2007, Saint-Ybars dans l’Ariège avait pris l’initiative de faire graver sur le monument aux morts communal le nom de Louis Flourac, fusillé pour l’exemple. Le 12 décembre 2008, la commune corrézienne de Seilhac inscrivait à son tour sur son monument aux morts, le nom d’un combattant exécuté, Léonard Leymarie, fusillé le 12 décembre 1914 à Fontenoy (Aisne).

Le 16 avril 2008, jour anniversaire du déclenchement de l’offensive du Chemin des Dames du printemps 1917, le Conseil général de l’Aisne adoptait, à l’unanimité de ses 42 élus, un vœu demandant à la République française de « reconnaître officiellement les condamnés pour l’exemple comme des soldats de la Grande Guerre à part entière afin de permettre que leurs noms puissent être légitimement inscrits sur les monuments aux morts ». A la suite de l’Aisne, le département du Doubs d’où était originaire le soldat Bersot, fusillé début 1915 à Fontenoy, et le département de la Corrèze ont également adopté un vœu sollicitant la reconnaissance des condamnés pour l’exemple. C’est la déclaration faite à Craonne (Aisne), en novembre 1998 par le Premier ministre, Lionel Jospin qui ouvrait la voie à la reconnaissance des condamnés pour l’exemple. Il avait  alors exprimé le souhait que les soldats « fusillés pour l’exemple », « épuisés par des attaques condamnées à l’avance, glissant dans une boue trempée de sang, plongés dans un désespoir sans fond », qui « refusèrent d’être des sacrifiés », victimes « d’une discipline dont la rigueur n’avait d’égale que la dureté des combats, réintègrent aujourd’hui, pleinement, notre mémoire collective nationale ».
Dix ans après Lionel Jospin, le 11 novembre 2008, le président de la République, déclarait à son tour : « Mais 90 ans après la fin de la guerre, je veux dire au nom de la Nation que beaucoup de ceux qui furent exécutés alors ne s’étaient pas déshonorés, n’avaient pas été des lâches, mais que simplement ils étaient allés jusqu’à l’extrême limite de leurs forces. »

Au cours de la Grande Guerre, 56 soldats ont été fusillés dans l’Aisne, selon le chiffre avancé par Guy Marival. L’affaire la plus emblématique fut celle des fusillés de Vingré. Le procès sommaire et l’exécution de ces six soldats survinrent quelques jours seulement avant la condamnation de Léonard Leymarie.?  Comme l’a relevé dans ses travaux Denis Rolland, fin 1914 début 1915, sur le front de l’Aisne, chaque mois voyait son lot de condamnations à mort : 10 octobre, deux condamnés au 238e RI ;?15 novembre, un condamné au 42e  RI ; ?4 décembre, six condamnés (les six de Vingré) au 298e  RI? ; 12 décembre, un condamné au 305e RI (Leymarie)? ; 28 janvier, un condamné au 42e  RI? ;12 février, un condamné au 60e RI (Bersot).

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  • : Ce blog a pour but de présenter mes recherches sur la première guerre mondiale (guerre 14 18), mon roman ainsi que ma position concernant la réhabilitation des fusillés pour l'exemple et mon dernier ouvrage "Fusillés non réhabilités".
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Ma position sur la réhabilitation des fusillés de la première guerre (sur le site du centenaire) :

 

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LES BLESSURES DE L'AME

New couverture livre 001 

Eté 1914, instituteur dans un petit village de province, il prépare son départ pour la guerre.

Il passera quatre ans dans cet enfer à voir mourir de pauvres types. Quatre longues années pendant lesquelles lentement il va sombrer, cherchant le réconfort dans l’alcool.

Contrairement à Georges, son corps ne porte pas les traces de ses blessures ; lui, c’est son âme qui a été meurtrie.

Ni sa femme Lucie, ni son fils Jean, ni ses chères petites têtes blondes, ne pourront lui faire oublier, Soreau, Milcent, Bersod, Minard, André, François et bien d’autres camarades, morts à cause de cette guerre …

 

 

TEMOIGNAGES DE LECTEURS

 

 


A Lire l'article de Jean-François Amary paru dans l'Union Pacifiste 

 

Biographie auteur :

 

Eric Viot, 50 ans, membre d’une association de recherches et études historiques sur la vie des Bretons pendant la grande guerre, passionné par cette période et en particulier par le quotidien des Poilus pendant ce conflit.

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François Hollande et les fusillés pour l'exemple

"Vous avez raison, ce serait un beau geste que les maires de gauche de France inscrivent sur les monuments aux morts de leurs communes les noms de ces malheureux" réponse de François Hollande en 2009

RENCONTRE AVEC ERIC VIOT

   

  Conférences et dédicaces

 

  • 11 novembre 2016 conférence et dédicaces à Senlis (60)
  • 15 novembre 2016 à Bagneux (92) conférence et dédicaces
  • 26 novembre 2016 à Saint Hilaire du Harcouët (50) dédicaces
  • 27 novembre 2016 à Brécey (50) dédicaces
  • 10 décembre 2016 à Saint Jamme sur  Sarthe (72) dédicaces
  • 11 décembre 2016 à Ecommoy salon du livre (72)
  • 17 décembre 2016 à Cérans Foulletourte dédicaces (72)

 

 





 

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