Lundi 16 janvier 2012
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Ma position à ce sujet :
Je me suis rendu aux archives de Vincennes et on m'a dit que plusieurs dossiers sont introuvables, le chiffres de 20 à 25% de dossiers manquants m'a été avancé. J'ai pu moi-même le constater car
lors de ma première visite à Vincennes j'ai demandé les dossiers des fusillés de mon département et deux n'ont pas pu m'être transmis. Même choses lors de ma deuxième visite pour d'autres
fusillés.
Je ne vois donc pas comment cette commission va pouvoir étudier au cas par cas.
Que fait-on des fusillés dont les dossiers n'existent pas ou plus ?
Réhabilitation prononcée sans dossier ce qui serait injuste par rapport à ceux que l'on refusera de réhabiliter à la vue de leur dossier ou pas de dossier, pas de réhabilitation, situation tout
aussi injuste.
Se pose aussi le problème des exécutions sommaires où là il est évident qu'il n'y a pas de dossier, j'ai eu des informations sur au moins une exécution de ce type.
Je pense qu'avant d'envisager de créer une commission il faut faire l'inventaire et savoir si pour au moins l'ensemble des fusillés connus (cette liste non exhaustive est connue, du moins pour ma
part à près de 600 fusillés) on possède un dossier à partir duquel on puisse travailler.
Je pense très sincèrement que cette commission n'est pas la solution, à cause des dossiers manquants, du peu d'éléments se trouvant dans certains, de l'absence de témoins, des problèmes liés à
l'état mental difficile à mettre en avant aujourd'hui (très important le lien entre la folie et les fusillés, j'ai pu le constater dans plusieurs dossiers), des problèmes d'automutilations (j'ai
aussi des dossiers avec des rapports de médecins sur l'examen de ces blessures).
On a injustement fusillé ces hommes une première fois, ne les condamnons pas une seconde fois … je pense qu'il faut une réhabilitation de l'ensemble des fusillés.
Clémenceau ne disait-il pas ? « Quand je veux noyer un problème, je nomme une commission».
Eric Viot